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Santé métabolique

Les peptides et la testostérone : ce que montrent les études et ce que l’on ne peut en déduire

Les peptides et la testostérone apparaissent souvent ensemble dans les études scientifiques et les discussions en ligne, car certains signaux peptidiques participent à la régulation du système hormonal associé à la maturation. Toutefois, cette liaison biologique ne signifie pas que tous les peptides augmentent le niveau de testostérone, qu’ils constituent une seule catégorie de substances „ stimulant les hormones ”, ni que la hausse de la concentration de testostérone entraîne automatiquement une amélioration des symptômes, de la fertilité, des fonctions sexuelles, de la force, de la composition corporelle ou de l’état général de santé.

Des études menées sur des personnes montrent bien pourquoi de telles affirmations aussi larges sont difficiles à étayer. Les différentes interventions liées aux peptides peuvent affecter le système hormonal dans des directions opposées, selon la molécule spécifique, le récepteur, la population étudiée, le temps d’exposition et les conditions expérimentales.

Dans une petite étude menée chez des hommes atteints de diabète de type 2 et présentant un faible taux de testostérone, une kissépatine augmentait certains paramètres hormonaux sexuels. En revanche, dans des études utilisant un analogue modifié de la kissépatine TAK-448 et un antagoniste peptidique du hormone gonadotropique, l’acyline, une suppression de la production de testostérone a été observée dans certaines conditions expérimentales [1] [2] [3].

Ces résultats apparemment contradictoires n’ont pas forcément à s’opposer entre eux. Ils montrent plutôt que le simple terme „ peptide ” ne dit pas grand-chose quant à l’action de l’hormone, à moins de savoir de quelle molécule il s’agit et à quel but biologique elle est destinée.

Du point de vue scientifique, il convient donc de poser une question plus précise : quelle molécule a été étudiée, sur quel récepteur ou quinome elle a agi, dans quelle population, pendant quel temps, selon quel schéma d’exposition et avec quel résultat biologique ou clinique a-t-on réellement mesuré ?

Dans cet article, nous abordons ces différences et expliquons ce que les études sur les peptides et le testostérone peuvent réellement révéler et ce que l’on ne peut pas en déduire. Il s’agit d’un examen pédagogique des recherches, et non d’un guide concernant le choix, l’association, la posologie ou la délivrance de substances influant sur l’économie hormonale.

Pourquoi les peptides et les hormones apparaissent-ils dans les mêmes études ?

Les peptides et les hormones apparaissent souvent ensemble dans la littérature scientifique, car l’organisme humain repose sur de nombreuses molécules signalantes qui interagissent entre elles.

Une partie de ces signaux présente une structure peptidique, tandis que les autres appartiennent à des classes chimiques complètement différentes.

Le fait qu'une substance influence une autre ne signifie pas qu'elles soient chimiquement identiques.

Cette distinction est particulièrement importante car on peut rencontrer dans les publications commerciales des termes tels que „ peptide hormonal ”, „ peptide testostérolique ” ou „ peptide équilibrant les hormones ”, sans généralement expliquer le mécanisme biologique qui est réellement étudié.

La testostérone est un hormone stéroïde et non un peptide.

Le testostérone n’est pas un peptide.

Les peptides sont constitués de résidus d'acides aminés liés par des liaisons peptidiques. Le testostérone, quant à lui, appartient aux hormones stéroïdes et présente une structure chimique fondamentalement différente.

La présence commune de la testostérone et des peptides dans les études résulte d’interactions entre différents systèmes de signalisation biologique, et non d’une similitude chimique.

L’appareil hormonal impliqué dans la croissance comprend plusieurs niveaux de régulation.

Au niveau du hypothalamus, l’hormone libérant les gonadotropines, ou GnRH, influence la sécrétion gonadotrope par l’hypophyse. Ces signaux, dont l’hormone luteinisante (LH) et l’hormone folliculotrope (FSH), participent à la régulation des fonctions gonadiques et de la production d’hormones sexuelles.

La kissépine agit encore plus haut dans ce système et est un important régulateur de la voie de signalisation impliquée dans le développement.

Le peptide peut donc influer indirectement sur la production de testostérone en modifiant la signalisation ailleurs dans l’axe hormonal.

Cela ne signifie toutefois pas que le peptide lui-même soit du testostérone.

Cela ne signifie pas non plus que chaque peptide ait un effet confirmé sur son niveau.

Un peptide agissant sur un récepteur complètement différent peut ne pas avoir d'effet significatif sur l'ensemble hormonal associé à la croissance.

Le seul terme „ peptide ” ne permet donc pas de prédire si la testostérone augmentera, diminuera, restera inchangée ou se modifiera de différentes manières au fil du temps.

Le testostérone est-il un peptide ?

Non. Le testostérone est un hormone stéroïde, tandis que les peptides sont constitués d’acides aminés liés par des liaisons peptidiques. Les deux groupes apparaissent ensemble dans les études car certains signaux peptidiques peuvent influer sur la production d’hormones sexuelles. Les études sur la kisspeptine sont un exemple de cette dépendance réglementaire [1]. Cependant, le peptide qui influence le niveau de testostérone reste chimiquement et biologiquement différent du testostérone lui-même.

Stimuler le système hormonal et le bloquer sont deux choses différentes.

Les interventions peptidiques liées au système hormonal peuvent agir de manière fondamentalement différente.

L'agoniste active le récepteur ou un certain chemin de signalisation, tandis que l'antagoniste bloque son activation.

Même cette division n’explique cependant pas tout, car les systèmes biologiques possèdent des mécanismes de régulation et d’adaptation. L’effet d’un bref stimulus sur le récepteur peut différer considérablement des effets de la stimulation prolongée ou répétée.

Un bon exemple en est une étude menée avec l’acyline, un antagoniste peptidique du GnRH.

Après l’administration de cette intervention chez des jeunes hommes sains, une suppression des gonadotropines et de la testostérone a été observée [3].

Ce résultat contredit directement l’hypothèse simpliste selon laquelle toute substance désignée comme peptide et associée aux hormones sexuelles doit augmenter le taux de testostérone.

Les études sur TAK-448 montrent une complexité encore plus grande de ce problème.

TAK-448 est un analogue modifié expérimental de la kisspeptine. Bien que la signalisation kisspeptine puisse initialement stimuler l’activité de l’axe reproducteur, une exposition plus longue à TAK-448 dans les premiers essais chez l’homme a conduit à une suppression de la production de testostérone [2].

Le principal résultat n’est donc pas que la kissépétine augmente toujours ou diminue toujours le taux de testostérone.

La molécule spécifique, la structure du récepteur, le caractère et le temps d'exposition, ainsi que l'adaptation biologique, sont importants.

Une réponse hormonale de courte durée ne doit pas automatiquement être interprétée comme un argument concernant l’impact à long terme sur les hormones.

Le kisspeptine augmente-t-elle toujours le taux de testostérone ?

Non. Les études disponibles ne montrent ni une action universelle ni une stimulation durable. La stimulation à court terme liée à la kisspeptine et l’exposition plus longue à un analogue modifié peuvent entraîner d’autres schémas endocriniens. Dans les études TAK-448, on a observé notamment une suppression prolongée de la testostérone après une réponse initiale stimulatoire dans certaines conditions. [2] Il importe donc de prendre en compte la molécule spécifique, la durée et la durée d’exposition, la population étudiée et l’adaptation de l’organisme.

Les différentes axes hormonaux ne doivent pas être combinés.

Les substances liées au hormone de croissance sont souvent abordées en même temps que les composés affectant le système reproducteur, notamment dans les catégories commerciales concernant les peptides.

Du point de vue scientifique, ces systèmes doivent toutefois être considérés séparément.

Une intervention augmentant l'hormone de croissance ne prouve pas simultanément une augmentation de la testostérone.

Le changement du niveau d’IGF-1 (hormone de croissance insulino-like) ne prouve pas en soi une amélioration de la fertilité, du libido, des fonctions reproductives ou du taux de testostérone.

Un bon exemple est l’ibutamorene, connu sous le nom de MK-677.

MK-677 est parfois associé à des peptides dans les discussions en ligne, même s'il s'agit d'un mimétique non peptidique de la grelina.

Les études chez les personnes âgées portaient principalement sur l’hormone de croissance et les paramètres du corps. [4] Elles ne prouvent pas que MK-677 soit un „ peptide de testostérone ” ni que toute substance annoncée dans la catégorie „ peptides de croissance ” soit une intervention confirmée ayant un effet sur la testostérone.

Il est donc important de faire la distinction entre l’effet ciblé sur un chemin hormonal spécifique et une catégorie plus large de marketing qui associe plusieurs substances non liées entre elles.

Toute affirmation concernant les hormones nécessite des données relatives à un hormone spécifique et à un résultat spécifique.

„ L’équilibre hormonal ” n’est pas un critère scientifique précis

Le terme „ équilibre hormonal ” est souvent utilisé car il est large et complexe, mais il est difficile de le quantifier scientifiquement sans indiquer les hormones spécifiques et les résultats obtenus.

Une augmentation ou une diminution du taux d’un seul hormone ne prouve pas que l’équilibre de tout l’appareil endocrinien a été rétabli.

Les hormones agissent dans le cadre d’un réseau de circuits de régulation.

L’augmentation d’un certain hormone peut être souhaitée dans un contexte clinique, mais dans un autre, elle peut être indésirable ou insignifiante.

De même, son abaissage peut, dans certaines situations, avoir un effet thérapeutique ou expérimental intentionnel.

Il ne peut donc pas s’adopter comme règle générale que „ plus ” signifie toujours „ mieux ”.

Une assertion scientifiquement utile devrait indiquer ce qui a effectivement été mesuré.

L’étude peut par exemple évaluer la sécrétion de LH, le taux total de testostérone dans le sang, le testostérone libre, la sécrétion pulsatile de gonadotropine ou un résultat validé concernant les symptômes.

Sans une population clairement définie, un critère de comparaison et un objectif précis, la définition de „ hormone équilibré ” reste trop imprécise pour pouvoir l’apprécier de manière fiable.

Le résultat hormonal et le résultat clinique sont deux niveaux différents de preuves.

L’une des distinctions les plus importantes dans les études sur la testostérone est la différence entre la constatation d’une modification du paramètre de laboratoire et la constatation d’un résultat clinique significatif.

Les mesures des hormones peuvent indiquer que le certain chemin biologique a réagi.

Ils ne renseignent toutefois pas automatiquement si les participants ont ressenti une amélioration significative de leur santé ou de leur fonctionnement.

Le taux de testostérone dans le sang est un résultat indirect

Un bon exemple en est une petite étude de type proof-of-concept concernant la kisspeptine-10.

Cinq hommes atteints de diabète de type 2 et de hypogonadisme chimique bénin ont participé à cette étude, ainsi qu'un groupe de comparaison sain. Dans une partie des analyses, seuls quatre participants présentant un dysfonctionnement ont été inclus. Après l'exposition à kisspeptine-10, une augmentation des LH et de la testostérone a été observée [1].

Il s’agit d’une preuve réelle, avec la participation des personnes concernées, indiquant une réponse endocrinienne.

Cependant, la très faible taille de l'essai et la population strictement définie sont des éléments clés de l'interprétation.

L’étude ne démontre pas que la kisspeptine entraîne une augmentation durable de la testostérone chez la population générale d’hommes.

Il ne confirme pas une amélioration durable des symptômes.

Il ne montre pas d'amélioration de la fertilité.

Il ne prouve ni une augmentation de la force musculaire ni des résultats sportifs.

Il ne permet également pas d’établir la sécurité à long terme.

Il répond à une question beaucoup plus étroite : dans des conditions expérimentales spécifiques, le système hormonal associé à la croissance a-t-il réagi à la kisspeptine ?

Cette distinction empêche le résultat de la recherche mécaniste ou de laboratoire de se transformer en une affirmation thérapeutique ou sportive plus large.

La modification du niveau de ce hormone entraîne-t-elle un avantage clinique ?

Non. Le changement de hormone confirme la réponse biologique, tandis que le bénéfice clinique nécessite une amélioration du résultat important pour le bien-être, le fonctionnement ou la santé de la personne concernée. Une petite étude sur kisspeptine-10 a révélé des changements dans les LH et le testostérone, mais n’a pas confirmé une amélioration durable des symptômes, de la fertilité, de la force ou de la performance sportive. [1] Il s’agit d’une preuve de concept valable qui ne doit pas être étendue aux résultats non directement évalués.

L'importance est donnée au temps de mesure, à la répétabilité et à la qualité de l'indication.

La testostérone n'est pas un paramètre biologique stable.

Le taux mesuré dans un échantillon de sang dépend en partie du moment et des conditions de prélèvement.

L’interprétation des résultats nécessite donc quelque chose de plus que la simple comparaison d’un premier résultat avec un autre mesuré ultérieurement.

Les conditions de prélèvement des échantillons devraient être uniformisées autant que possible.

La méthode analytique utilisée doit être adaptée au niveau d’émissions mesuré.

Les mesures répétées aident cependant à distinguer une variation persistante d'une variation biologique normale ou d'une réponse à court terme.

Les directives de la Société endocrinologique soulignent l’importance des symptômes, des méthodes fiables de mesure et de confirmation des faibles taux de testostérone, plutôt que de se fonder sur un seul résultat isolé pour diagnostiquer une hypothyroïdie [5].

Lors de l’évaluation des études, il convient donc de vérifier si les conditions de prélèvement des échantillons étaient uniformes, si des méthodes analytiques appropriées avaient été appliquées, si la variabilité initiale avait été prise en compte et si la variation observée avait duré plus longtemps que la période de pointe de courte durée.

Il s’agit de règles d’interprétation des preuves, et non d’instructions pour réaliser soi-même des examens ou poser un diagnostic.

Est-ce qu’un seul test de taux de testostérone suffit pour conclure que l’intervention a fonctionné ?

Non. Le résultat peut varier en fonction des conditions biologiques, du temps de mesure, de la méthode d’analyse utilisée, de l’état de santé et d’autres facteurs. Les directives de l’Endocrine Society mettent l’accent sur le contexte clinique approprié, une mesure fiable et la confirmation du résultat plutôt que de s’appuyer sur une seule valeur pour formuler des conclusions. [5] Même après la confirmation d’une véritable modification de la production de testostérone, il reste la question de savoir si le résultat clinique significatif s’est amélioré.

Le testostérone total et le testostérone libre sont des mesures différentes.

Une autre source d'incompréhension est l'idée que tout résultat concernant la testostérone décrit exactement le même phénomène biologique.

Le testostérone total comprend le testostérone circulant dans le sang dans ses différentes formes d'association.

Le testostérone libre désigne sa fraction non liée.

Les changements de la concentration des protéines liées peuvent influer sur le rapport entre le testostérone total et le libre.

Une augmentation de la testostérone totale ne signifie donc pas automatiquement qu’une augmentation de la testostérone libre a eu lieu dans un même degré.

Aucun de ces paramètres ne décrit lui-même tous les aspects de l'activité androgénique dans les tissus.

La méthode d’identification ainsi que le contexte biologique sont donc importants.

Les directives de l’Endocrine Society, qui mettent l’accent sur une évaluation correcte du taux total et, si possible, du taux libre de testostérone, montrent pourquoi le prétendu lien entre le „ taux de testostérone ” et les résultats cliniques peut être inexact. [5]

L’analyse des données devrait indiquer le paramètre réellement utilisé dans l’étude, au lieu de traduire chaque résultat concernant les androgènes en une déclaration générale concernant la testostérone.

Est-ce que le testostérone total et le testostérone libre peuvent être traités comme des substituts ?

Non. Elles décrivent différents aspects du testostérone circulant. Les modifications des protéines de liaison peuvent modifier la relation entre la fraction totale et la fraction libre de l’hormone. [5] La conclusion scientifique devrait donc indiquer quel paramètre a effectivement été mesuré, au lieu de supposer que toute modification du testostérone total signifie une modification identique du testostérone libre ou de l’activité androgénique dans les tissus.

Une importance statistique ne signifie pas automatiquement un avantage significatif

Une variation du niveau de testostérone statistiquement détectable peut être intéressante du point de vue biologique tout en restant de courte durée, faible ou sans lien avec le résultat ressenti par le patient.

D'un autre côté, une étude très restreinte peut ne pas permettre de répondre précisément à une question clinique importante, même si la modification observée semble importante.

La taille de l’effet est donc importante.

L’incertitude entourant cette estimation est également importante.

La durée de la modification est également importante.

Les chercheurs devraient, dans la mesure du possible, distinguer le pic hormonal de courte durée de la modification persistante et déterminer à l'avance les principaux résultats cliniques.

La valeur p en soi ne permet pas de déterminer si les participants ont réellement ressenti une amélioration ni si le changement a une signification clinique pratique.

La même règle s'applique lorsque le résultat du test dépasse le seuil de référence.

Dans le contexte approprié, cela peut avoir une signification clinique, mais en soi-même, il ne prouve pas d’amélioration des fonctions sexuelles, de la fertilité, de la performance physique, de l’humeur, de la composition corporelle ou de la qualité de vie.

La signalisation sexuelle, le testostérone, les symptômes, la fertilité et l’aptitude à la procréation sont des résultats distincts.

Lors des études sur le testostérone, plusieurs résultats peuvent être obtenus, mais chacun répond à une autre question.

La variation des LH ou FSH indique une activité dans le cadre de la signalisation du système reproducteur. Elle ne prouve pas en soi une amélioration de la fertilité ou l’absence de symptômes.

La variation du taux de testostérone dans le sang résulte d’un effet endocrinien. Elle ne confirme pas les avantages cliniques universels.

Le changement du résultat validé concernant les symptômes indique une modification de ces symptômes spécifiques, mais elle ne prouve pas encore que le testostérone en était la cause.

L’analyse du sperme peut fournir des informations sur les caractéristiques sélectionnées liées à la fécondation, mais elle ne garantit pas l’ovulation, la grossesse ou la naissance vivante.

La mesure de la composition corporelle peut indiquer une modification de la quantité estimée de tissu non gras ou gras, mais ne confirme pas automatiquement une plus grande force, de meilleures fonctions sexuelles ou une fertilité accrue.

De même, une amélioration dans un test spécifique de force ou d’aptitude signifie une amélioration dans cette même activité. Cela ne confirme pas automatiquement les avantages dans tous les autres domaines de la physiologie.

Une étude clinique bien conçue peut combiner plusieurs de ces niveaux.

Cependant, si l’on n’évalue qu’un seul d’entre eux, le résumé des preuves ne doit pas omettre les étapes manquantes et présenter le résultat final attendu comme s’il avait également été indiqué.

La libido n'est pas un indicateur de la testostérone

Le désir sexuel est influencé par de nombreux facteurs biologiques, psychologiques, interpersonnels, neurologiques et contextuels.

Le seul résultat du testostérone ne montre pas comment le participant ressent le désir sexuel.

Une étude formulant une affirmation concernant le libido devrait donc réellement mesurer le libido, les fonctions sexuelles, le stress associé à ces fonctions ou tout autre résultat pertinent ressenti par le participant.

Dans une étude croisée randomisée sur la kisspeptine chez des hommes présentant un dysfonctionnement hypoactif de l’appétit sexuel, on a analysé notamment les réponses cérébrales, l’excitation sexuelle et les mesures comportementales lors des visites contrôlées.

L'étude a inclus 32 hommes. [6]

Ces résultats encouragent des recherches supplémentaires sur le rôle de la signalisation kissépitine dans le traitement des stimuli sexuels.

Ils ne prouvent cependant pas une action générale augmentant la production de testostérone.

Ils n’attestent également pas d’un bénéfice thérapeutique durable en dehors des conditions et du délai d’observation appliqués dans l’étude.

La réaction sexuelle observée ne peut pas être attribuée automatiquement uniquement à une modification de la testostérone, à moins que le projet de recherche et les mesures effectuées n’attestent réellement de tels liens de causalité.

La meilleure libido signifie-t-elle que le taux de testostérone a augmenté ?

Non. Le désir sexuel dépend de nombreux facteurs biologiques, neurologiques, psychologiques, interpersonnels et contextuels. L’étude de la kisspeptine concernant le traitement des stimuli sexuels évaluait de nombreux paramètres neuronaux, physiologiques et comportementaux, plutôt que de supposer que toute réaction sexuelle observée découle simplement de l’augmentation de la testostérone. [6] Il convient donc d’analyser la libido et les paramètres endocriniens séparément si l’étude n’a pas révélé un lien causal spécifique.

L'imagerie cérébrale n'est pas la même chose que le fonctionnement sexuel quotidien

Les études fonctionnelles par imagerie peuvent révéler des différences dans la réponse du cerveau lors de tâches expérimentales contrôlées.

Ces résultats peuvent être très utiles dans l’étude des mécanismes biologiques.

Ils ne sont toutefois pas synonymes d’une amélioration durable de la satisfaction sexuelle, du fonctionnement dans la relation, du stress ou de la qualité de vie.

Dans une étude croisée, le même participant peut recevoir différentes interventions, ce qui contribue à limiter l’influence de la variabilité individuelle.

Les résultats restent toutefois liés à une période d’exposition spécifique, aux stimuli de laboratoire, aux tâches exécutées et aux objectifs évalués.

La prétention d’une bénéfice clinique durable nécessite une observation suffisamment longue et des résultats significatifs rapportés par les patients.

Un résultat d’imagerie cérébrale efficace ne devrait donc pas remplacer les preuves cliniques.

Des règles d’interprétation similaires s’appliquent aux autres affirmations liées au système nerveux. Dans un article consacré à Dans les peptides et le sommeil, la mémoire et le fonctionnement du cerveau Nous expliquons pourquoi les résultats concernant les biomarqueurs, l’imagerie, le sommeil et les fonctions cognitives devraient être considérés comme des points d’extrémité distincts.

La fertilité nécessite une évaluation séparée

La testostérone joue un rôle important dans la physiologie du système reproducteur masculin, mais son taux dans le plasma sanguin n’est pas un indicateur complet de la fertilité.

Les études de fertilité peuvent inclure les paramètres de la qualité des spermatozoïdes, la production d’éjacules, les fonctions des cellules reproductrices, la fécondation, la grossesse et la naissance vivante, selon la population étudiée et les questions de recherche.

Ces résultats doivent être considérés séparément.

Même une amélioration des paramètres spermatiques ne garantit pas une fécondation.

La grossesse dépend de nombreux facteurs liés aux deux partenaires et ne peut pas être attribuée à un seul des deux à cause de la concentration de testostérone.

Les directives de l’Endocrine Society considèrent la planification de la fertilité comme une question distincte de la correction du faible niveau de testostérone lui-même. [5]

Cela conduit à une importante règle d’interprétation des preuves : une augmentation de la testostérone ne doit pas automatiquement être présentée comme une preuve d’amélioration de la fertilité.

La fertilité nécessite ses propres points d’achèvement appropriés.

Nous abordons également dans un article distinct la signification plus large de ces distinctions, notamment les différences entre les hormones, le libido, la fertilité, la grossesse et le stade de la vie reproductive. Peptides pour les femmes.

Un taux de testostérone plus élevé signifie-t-il une meilleure fertilité ?

Non. La fertilité comprend le fonctionnement des cellules reproductrices ainsi que les résultats reproducteurs cliniques, lesquels ne peuvent être réduits à une seule mesure de l’hormone dans le sang. [5] L’augmentation de la production de testostérone peut être un résultat biologique important, mais pour démontrer une amélioration de la fertilité, il faut mesurer des paramètres directement liés à la fertilité.

La réponse hormonale peut s'affaiblir avec une exposition répétée

La réaction observée après la première exposition n’a pas forcément à prédire ce qui se produira lors de sa répétition.

Cette règle est bien illustrée par l'étude des femmes souffrant d'un déficit hypothalamique de l'ovulation.

Après le kisspeptine-54, une forte réponse gonadotrophine initiale a été observée, mais cette réponse diminuait lors de la répétition de la dose dans le schéma étudié. Aucun changement significatif n’a été observé dans les paramètres ultrasonographiques de l’activité reproductrice observés. [7]

Cette étude ne permet pas de déterminer directement ce qui se serait produit chez les hommes, les personnes présentant un autre trouble de reproduction ou ayant suivi un autre schéma d’exposition.

Sa signification est avant tout conceptuelle.

Il montre que les systèmes biologiques peuvent s’adapter à une stimulation répétée.

La réponse endocrinienne à court terme ne doit donc pas automatiquement être présentée comme une réponse durable.

De même, les modifications des signaux hormonaux ne devraient pas être considérées comme une preuve de rétablissement de la fonction reproductrice.

La durée de vie d’une intervention spécifique doit être étudiée directement.

La masse corporelle sans graisse, la force, le testostérone et les fonctions sexuelles ne sont pas des résultats obtenus grâce à des substituts.

La composition corporelle est un autre domaine où les résultats des études sont souvent généralisés de manière excessive.

Une étude mesurant la masse grasse ou non grasse répond à une autre question que celle concernant les symptômes liés au testostérone, à l’appétit sexuel, à la fertilité, à la force ou aux résultats sportifs.

L'étude MK-677 chez les personnes âgées constitue un exemple utile.

On a observé une augmentation de la masse corporelle sans graisse, mais aucune amélioration correspondante de la force ou du fonctionnement physique n'a été constatée [4].

Comme MK-677 est un mimétique non peptidique de la gréline agissant dans le cadre de la signalisation liée à l’hormone de croissance, cette étude ne constitue pas une preuve directe concernant un peptide affectant le système reproducteur.

Il a toutefois une importance méthodologique.

Il montre que même une modification mesurable d’un résultat indirect apparemment avantageux ne garantit pas une amélioration de la fonction qui dépend finalement de cette personne.

Une affirmation promettant simultanément une masse musculaire plus importante, un taux de testostérone plus élevé, un meilleur libido, une amélioration de la fertilité et une meilleure performance nécessite donc des preuves pour chacun de ces éléments.

Un seul résultat positif au laboratoire ou concernant le poids corporel ne confirme pas l’ensemble de ces affirmations.

En ce qui concerne les affirmations concernant les muscles et la musculation, nous abordons dans cet article la distinction spécifique entre la masse musculaire, la composition corporelle, la force et les résultats sportifs. En peptides pour la croissance musculaire et la musculation.

La population étudiée détermine la portée des preuves

Les participants à l’étude déterminent qui sont les personnes dont les résultats sont les plus directement représentés par ces résultats.

Un essai de type proof-of-concept comprenant des hommes obèses, atteints de diabète de type 2 et présentant un faible taux d’hormone testostérone ne représente pas automatiquement des hommes en bonne santé.

Il ne représente pas automatiquement les athlètes.

Il n’est pas nécessaire qu’il représente également les hommes âgés atteints d’un autre trouble endocrinien.

Il ne permet pas non plus d’établir un effet identique chez les femmes.

De même, une étude menée dans le cadre du cancer de la prostate peut analyser spécifiquement la suppression de la testostérone plutôt que son augmentation.

Utiliser une telle étude comme preuve d’un „ augmentation de la testostérone ” signifierait une compréhension erronée du questionnement de recherche.

La première étape dans l’interprétation de tout essai concernant les peptides et la testostérone devrait donc être de déterminer pourquoi les participants ont été inclus et quel effet biologique les chercheurs voulaient analyser.

Ce même hormone peut être stimulé de manière intentionnelle dans un contexte de recherche et inhibé dans un autre.

Les résultats obtenus chez les hommes atteints de diabète de type 2 peuvent-ils être transférés aux athlètes en bonne santé ?

Pas directement. L’étude de kisspeptine-10 a porté sur des hommes ayant un profil métabolique et hormonal précis et non sur un groupe représentatif de personnes en bonne santé pratiquant de l’exercice physique ou de la résistance. [1] La physiologie initiale, l’état de santé, le niveau d’entraînement et le résultat attendu influencent la possibilité d’appliquer les résultats à une population générale. Les affirmations concernant les résultats sportifs chez des sportifs en bonne santé nécessitent des études dans une population appropriée.

Les changements dans l’état général de santé peuvent avoir un impact sur les résultats hormonaux

Les paramètres hormonaux ne fonctionnent pas indépendamment de la physiologie générale.

Le poids corporel, une maladie aiguë ou chronique, le sommeil, le bilan énergétique, les médicaments utilisés et d'autres modifications de santé peuvent influer sur les résultats des examens endocrinologiques.

Si lors d’une intervention non contrôlée plusieurs facteurs changent simultanément, la différence ultérieure du niveau de testostérone ne peut pas automatiquement être attribuée exclusivement à la substance nouvellement introduite.

La randomisation et le groupe de comparaison approprié contribuent à limiter une partie de ces problèmes.

Les mesures répétées et uniformes ainsi que l’analyse planifiée à l’avance augmentent encore la fiabilité des interprétations.

Les études observationnelles peuvent également fournir des informations précieuses, mais leurs limitations en matière de détermination de l’origine doivent rester visibles.

La corrélation entre le taux naturel d’un peptide spécifique et la testostérone ne prouve pas que l’administration de ce peptide augmente la testostérone.

Cela ne prouve donc pas davantage que cette intervention améliorera les symptômes ou d'autres résultats cliniques.

Le sommeil est l'un des facteurs qui peuvent être pris en compte dans un contexte plus large de la physiologie et des mesures hormonales. Cela ne signifie toutefois pas que le résultat concernant le sommeil puisse être automatiquement transformé en une affirmation concernant la testostérone. Nous abordons ces différences plus en détail dans le document intitulé En peptides, dans la neige, dans la mémoire et dans le fonctionnement du cerveau.

Les expériences à court terme et les études à long terme répondent à d'autres questions

Un essai endocrinien précis peut montrer si un certain mécanisme biologique réagit à un stimulus spécifique.

Une étude clinique plus longue peut toutefois vérifier si la réponse persiste et si elle se traduit par des symptômes, un fonctionnement, des résultats cliniques importants ou des effets indésirables.

La différence entre la stimulation à court terme et la suppression à long terme observée dans les études TAK-448 montre pourquoi le temps d’exposition ne peut pas être considéré comme un détail mineur de la méthodologie. [2]

Il ne serait pas scientifiquement justifié d’observer une augmentation initiale et de supposer que l’allongement de l’exposition doit conduire à une augmentation encore plus importante ou plus durable.

Les récepteurs adaptatifs et l’adaptation des récepteurs peuvent modifier la réponse au fil du temps.

Ces observations aident à comprendre la physiologie du système hormonal.

Ils ne doivent cependant pas être interprétés comme des instructions concernant la manière de manipuler l’exposition.

Le transfert de tels résultats dans la pratique clinique nécessite un contexte approprié ainsi que des preuves concernant le produit en question et l'objectif visé.

Le choix d’un groupe de comparaison et l’occultation influencent l’interprétation

Le projet d’étude détermine en grande partie la manière dont on peut avec certitude attribuer le résultat observé à une intervention spécifique.

Une étude contrôlée par placebo permet de distinguer l’effet de l’intervention des attentes, de la variation spontanée et des changements qui pourraient survenir sans traitement.

Une étude avec un comparateur actif répond à une autre question, car elle compare l’intervention à un autre traitement.

Une étude non contrôlée de type „ avant et après ” présente une capacité de distinction nettement inférieure entre l’effet de l’intervention et les changements intervenant en arrière-plan.

L’occlusion est particulièrement importante lorsque les résultats évalués concernent des symptômes, une satisfaction, des fonctions sexuelles, de l’énergie ou d’autres expériences subjectives.

Même dans les études contrôlées par double aveugle, les effets indésirables ou les modifications physiologiques perceptibles peuvent potentiellement influer sur les attentes des participants.

La manière dont les démissions sont déclarées est également importante.

Si l’analyse ne concerne que les personnes qui ont bien toléré l’intervention et qui ont terminé le test, le résultat obtenu peut différer de celui de l’analyse de tous les participants initialement assignés.

Lors de l’évaluation de la force des conclusions, il convient donc également de prendre en compte la manière dont les données manquantes sont traitées.

Les analyses par sous-groupes et les nombreux résultats nécessitent une prudence.

Une étude mesurant de nombreux hormones, symptômes, biomarqueurs, sous-groupes et périodes chronologiques offre de nombreuses possibilités de voir apparaître des résultats apparemment bénéfiques.

Un objectif final prédéterminé permet de distinguer clairement la question de recherche fondamentale des observations exploratoires.

Des précautions similaires sont requises pour les analyses des sous-groupes.

Un résultat statistiquement significatif dans un sous-groupe et l’absence d’importance dans un autre ne prouvent pas automatiquement que les groupes réagissent réellement différemment.

La différence apparente peut résulter d’une différence de nombre d’essais, d’une variation ou d’un hasard.

Une analyse statistique directe vérifiant si l’effet de l’intervention varie réellement entre les sous-groupes fournit des données plus solides.

La même règle s’applique lors du transfert des résultats entre femmes et hommes ou entre différentes populations cliniques.

La physiologie de la reproduction, le statut hormonal initial, la nature de la maladie et les résultats attendus peuvent différer considérablement.

La population de ces personnes ne doit pas être librement combinée ni comparée sans un projet de recherche approprié.

Tous les peptides ne stimulent pas les hormones sexuelles

Les peptides remplissent des fonctions biologiques très variées.

Certains activent une signalisation liée à la croissance.

D'autres la bloquent.

Beaucoup n'ont pas de rôle bien défini dans la régulation de la testostérone.

Des études sur l'acyline et le TAK-448 montrent directement que des interventions peptidiques ou peptidomimétiques spécifiques peuvent entraîner une suppression de la production de testostérone [2] [3].

Le peptide n’est donc pas synonyme de „ booster de testostérone ”.

On ne doit pas non plus considérer automatiquement que la stimulation hormonale est bénéfique.

Le fait que la hausse, la baisse ou l’absence de changement d’un hormone donné soit souhaitée cliniquement dépend du contexte et de l’objectif de l’intervention.

Les preuves disponibles ne confirment également pas l’hypothèse selon laquelle on pourrait augmenter sélectivement un seul hormone désiré sans affecter les autres systèmes physiologiques intervenant en même temps.

Les voies endocrines communiquent entre elles.

C’est pourquoi l’action et la sécurité d’une intervention particulière doivent être étudiées directement, plutôt que de se fonder uniquement sur un schéma simplifié du mécanisme biologique.

Tous les peptides stimulent-ils le système hormonal ?

Non. Les peptides ont des fonctions biologiques très variées. Certains activent les récepteurs, d’autres bloquent la signalisation, et beaucoup d’entre eux agissent en dehors du système reproducteur. Un bon exemple est l’acyline, car ce peptide antagoniste de la GnRH a provoqué chez l’homme, dans une étude menée chez des hommes, une suppression de la gonadotrophine et de la testostérone [3]. Le seul mot „ peptide ” ne permet donc pas de prédire si une substance augmentera la production de testostérone, la réduira ou n’aura aucun effet confirmé.

Un faible nombre d'effets indésirables signalés ne prouve pas un faible risque

Des études de petite taille à des stades précoces peuvent révéler peu d'effets indésirables uniquement parce que le nombre de personnes exposées à la substance était faible et que l'observation a duré peu de temps.

Ces projets sont peu adaptés à l’exclusion des effets indésirables rares, retardés ou spécifiques à une population particulière.

L'étude menée sur l'iburomérane chez les personnes ayant subi une fracture de la hanche montre pourquoi une justification mécaniste ne doit pas être considérée comme une garantie de sécurité.

Malgré une justification liée à l’activité de l’hormone de croissance, un signal de sécurité a été émis et l’étude a été terminée prématurément [8].

Ce résultat concerne une substance spécifique, une étude et une population.

Il ne faut pas en déduire que toute intervention associée présente un risque identique.

Il montre cependant une importante règle d'évaluation des preuves : un mécanisme biologiquement plausible n'est pas une preuve de sécurité clinique.

Un autre problème concerne le risque lié au produit lui-même.

La dénomination du constituant ou la déclaration de pureté en laboratoire ne confirment pas automatiquement l’identité, le taux, la stabilité, l’absence de contamination ni l’équivalence avec le produit utilisé dans l’étude clinique publiée.

La faible quantité d’effets indésirables signalés signifie-t-elle que la substance est sûre ?

Non. Une étude de petite ou de courte durée ne peut tout simplement pas inclure un nombre suffisant d’expositions pour détecter des effets indésirables rares ou retardés. L’étude de l’ibutamoren après une fracture de la hanche a révélé un signal de sécurité malgré une justification biologique crédible de l’intervention. [8] L’évaluation de la sécurité devrait donc prendre en compte l’ensemble des données relatives à la substance en question, et non seulement un petit nombre d’effets indésirables dans une petite étude.

Les preuves cliniques concernent un produit spécifique en cours d'étude

Les molécules étroitement apparentées ne devraient pas automatiquement prendre mutuellement leurs preuves.

La publication concernant la kisspeptine-10 ne confirme pas l’activité indépendante de la kisspeptine-54.

Aucune d'entre elles ne confirme automatiquement l'activité d'un analoge modifié de TAK-448.

Un produit commercial à composition incertaine ne peut pas non plus utiliser automatiquement les preuves obtenues pour un produit expérimental précisément caractérisé.

Les molécules apparentées peuvent varier en fonction du récepteur, de la force d'action, de la pharmacocinétique, de la durée d'exposition et de l'effet biologique.

Le même problème se produit avec les mélanges à plusieurs composants.

L’étude d’un seul composant ne confirme pas l’activité de l’ensemble du produit proposé par le laboratoire ou le fabricant uniquement parce que cette substance figure dans sa composition.

Les interactions entre les composants et le rôle de chacun d’entre eux restent des questions de recherche distinctes.

Une affirmation crédible devrait indiquer une molécule ou un produit spécifique, une population, un comparateur, un résultat et la durée de l'étude.

Si ces caractéristiques ne correspondent pas aux études citées, les preuves sont de nature indirecte.

Qu'est-ce qui peut être raisonnablement déduit des études disponibles ?

Des études disponibles montrent que certains circuits peptidiques peuvent influer sur la sécrétion d’hormones liées au système reproducteur dans des conditions expérimentales spécifiques.

Ils montrent également que la direction, la taille et la durée de ces effets peuvent varier.

La stimulation liée à la kisspeptine peut provoquer des réponses endocriniennes à court terme dans certaines populations [1].

Une signalisation modifiée ou persistante liée à la kisspeptine peut entraîner un profil hormonal différent, notamment une suppression de la production de testostérone dans des conditions expérimentales spécifiques. [2]

Le blocage direct de la sécrétion GnRH par un antagoniste peptidique peut entraîner une suppression des gonadotropines et de la testostérone [3].

Globalement, ces études montrent la complexité de la régulation endocrinienne, et non les propriétés universelles des peptides consistant à augmenter la production de testostérone.

Ils ne prouvent pas que tous les peptides augmentent la testostérone.

Ils ne prouvent pas que la croissance à court terme entraîne des bénéfices cliniques durables.

Ils ne prouvent également pas que le niveau plus élevé de testostérone en soi entraîne une meilleure fertilité, un meilleur désir sexuel, une augmentation de la masse musculaire, une force accrue, de meilleurs résultats sportifs ou un meilleur état de santé général.

Chacun de ces résultats nécessite des données appropriées issues d'études menées auprès d'êtres humains.

L’interprétation la plus crédible conserve donc le mécanisme d’action, le résultat de laboratoire, le résultat clinique, la durée de l’effet et la sécurité comme éléments liés mais distincts des preuves.

Les questions les plus fréquemment posées concernant les peptides et le testostérone

Les hormones de croissance et la testostérone sont-ils la même cible de recherche ?

Non. L’hormone de croissance et le testostérone appartiennent à des systèmes hormonaux différents. Une modification de l’hormone de croissance ou de l’IGF-1 ne signifie pas nécessairement une modification du testostérone. L’étude MK-677 chez les personnes âgées portait principalement sur le système de l’hormone de croissance et la composition corporelle, et non sur les bénéfices globaux pour le système reproducteur. [4] Les affirmations doivent donc être liées au chemin qui a effectivement été étudié.

Est-ce que MK-677 est un peptide du testostérone ?

Non. MK-677, ou ibutamoren, est un mimétique non peptidique de la grelina. Dans les discussions commerciales et liées aux résultats sportifs, il apparaît souvent aux côtés des peptides, mais selon la chimie, cette appellation est incorrecte. Dans une étude chez les personnes âgées, une augmentation de la masse corporelle sans perte de masse graisseuse a été observée sans amélioration correspondante de la force ou du fonctionnement [4]. L’étude ne fait donc pas de MK-677 un peptide ni ne le confirme comme une thérapie testostéronique.

La modification de la composition corporelle signifie-t-elle une amélioration des fonctions sexuelles ?

Non. L’apparence corporelle et les fonctions sexuelles sont deux résultats distincts. L’étude MK-677 montre que le paramètre physique indirect peut changer sans que les résultats fonctionnels ne soient améliorés en conséquence. [4] La déclaration concernant les fonctions sexuelles nécessite une mesure adéquate de ces fonctions dans une population représentative, et non une conclusion basée sur une variation de la masse corporelle sans graisse.

La réponse hormonale à court terme permet-elle de prédire l’effet à long terme ?

Pas automatiquement. Les systèmes endocriniens peuvent s’adapter, et une exposition répétée ou prolongée peut avoir un effet différent de la première exposition. Dans l’étude sur la kisspeptine chez les femmes souffrant d’un déficit hypothalamo-hypophysaire, la réponse gonadotrope initiale était initialement diminuée lors d’une exposition répétée. [7] Cette étude montre pourquoi la persistance de la réponse doit être étudiée directement.

Les changements dans l’anatomie du cerveau confirment-ils une amélioration durable du libido ?

Non. L’imagerie fonctionnelle montre la réaction du système nerveux dans des conditions expérimentales spécifiques. L’étude de la kisspeptine fournit des données mécanistiques et à court terme utiles, mais ces résultats ne prouvent pas par eux-mêmes une amélioration durable des fonctions sexuelles quotidiennes. [6] Les avantages cliniques à long terme nécessitent des résultats adéquats rapportés par les participants et un délai d’observation approprié.

La combinaison de peptides est-elle confirmée si les différents composants sont soumis à des études séparées ?

Non. Le mélange de plusieurs substances crée une nouvelle intervention. Son action, ses interactions, son exposition et son risque ne peuvent pas être déterminés automatiquement en ajoutant les résultats de recherches indépendantes sur les différents composants. Les différents modèles de stimulation et de suppression observés dans les études liées à la kisspeptine montrent pourquoi une simple hypothèse de somme des effets peut être erronée. [1] [2] Les preuves concernant les combinaisons doivent inclure précisément cette combinaison dans un contexte clinique approprié.

Quelle question est la meilleure à poser lors de l’évaluation d’une affirmation concernant la testostérone ?

La question la plus pertinente est la suivante : cette intervention a-t-elle effectivement conduit à un résultat clinique significatif et durable chez la population concernée, et non seulement à une modification à court terme du niveau de l’hormone ? Les études sur la kissépine et l’acyline montrent que l’effet sur les hormones sexuelles peut varier considérablement en termes de direction et de contexte. [1] [3] Un conclusionnement crédible devrait prendre en compte la molécule spécifique, la population étudiée, le type de mesure, la taille et la durée de la réponse, le critère clinique de fin d’étude ainsi que les limitations liées à la sécurité.

Limites des données probantes disponibles

Lors de l’interprétation des études sur les peptides et le testostérone, il convient de prendre en compte plusieurs limitations récurrentes.

La première est la diversité des interventions elles-mêmes. „ Peptide ” décrit une vaste catégorie chimique et biologique, et non un seul type de traitement. La kissépine, les antagonistes des GnRH, les analogues peptidiques modifiés et les autres peptides signalants ne devraient pas être traités comme si ils avaient les mêmes propriétés endocriniennes.

Un deuxième obstacle est la spécificité de la population. Les résultats obtenus chez les hommes atteints de diabète de type 2 et présentant un taux de testostérone biomécaniquement faible ne peuvent pas automatiquement être appliqués aux hommes en bonne santé, aux sportifs, aux personnes âgées ayant d'autres maladies, aux femmes ou à d'autres populations [1].

Le troisième problème est l'utilisation fréquente de résultats endocrinologiques indirects. Une modification de la LH ou du testostérone peut confirmer une activité biologique, sans toutefois entraîner une amélioration des symptômes, de la fertilité, de la force, du poids corporel, du libido ou de la qualité de vie.

Le quatrième limite est le temps. L’exposition prolongée ou répétée peut avoir d’autres effets, comme l’ont bien montré les études sur TAK-448 [2]. L’activation initiale ne doit donc pas être considérée comme une preuve d’activation à long terme.

Le cinquième problème est la manière même de mesurer le testostérone. Le testostérone total, le testostérone libre, les protéines liées, la méthode de laboratoire utilisée, le moment de prélèvement de l’échantillon et la variabilité biologique naturelle peuvent influer sur l’interprétation.

Le sixième contrainte est le fait que les études mécanistiques et les études d’imagerie fournissent des informations biologiques importantes, mais ne confirment pas automatiquement des avantages durables dans le fonctionnement quotidien.

Le septième point est que les données relatives à la sécurité peuvent apparaître plus tard que les données mécanistiques. Des études de petite taille et une exposition courte ne permettent pas de détecter de manière fiable les effets indésirables rares ou retardés. [8]

Enfin, les preuves concernent un produit spécifique qui a effectivement été étudié. L’étude de kisspeptine-10 ne confirme pas automatiquement l’activité de kisspeptine-54, de TAK-448, d’un produit commercial non identifié ou d’une combinaison à plusieurs composants.

Ces restrictions ne signifient pas que les recherches sur les peptides et le système hormonal soient peu valables. Elles définissent toutefois les limites des conclusions qui peuvent raisonnablement être tirées de ces études.

Résumé

Les peptides et le testostérone sont scientifiquement liés car certaines signaux peptidiques participent à la régulation du système hormonal associé à la croissance. Cette association est réelle, mais elle ne justifie pas l’affirmation générale selon laquelle les peptides, en tant que catégorie, augmentent la production de testostérone.

Des études menées sur des personnes montrent des effets dans différentes directions.

Dans une petite étude de type proof-of-concept, la kisspeptine-10 a conduit à une augmentation de la LH et de la testostérone chez des hommes atteints de diabète de type 2 et d’hypogonadisme biochimique léger. [1] Ce résultat indique que la signalisation kisséptinique peut stimuler l’axe reproducteur dans des conditions expérimentales strictement définies.

D'autres études montrent cependant un schéma inverse.

Une exposition plus longue à l'analogue modifié de la kisspeptine TAK-448 a conduit, dans certaines conditions, à une suppression de la production de testostérone ; tandis que le peptide antagoniste de la GnRH, l'acyline, diminuait les niveaux de gonadotropines et de testostérone chez des jeunes hommes sains [2] [3].

Ces résultats montrent pourquoi le mot „ peptide ” ne peut pas être considéré comme un synonyme de „ booster de testostérone ”.

Ils montrent également pourquoi une réponse hormonale à court terme ne doit pas être automatiquement interprétée comme un effet à long terme.

Même lorsque le taux de testostérone augmente réellement, la deuxième question demeure : la modification endocrinienne entraîne-t-elle un résultat clinique significatif ?

L’augmentation de la testostérone dans le sang en soi ne prouve pas d’amélioration de la libido, de la fertilité, de la masse musculaire, de la force, des résultats sportifs, du poids corporel, de l’humeur ou de l’état général de santé.

Chacun de ces résultats nécessite des mesures et des données de recherche propres à chacun, avec la participation des personnes concernées.

De même, les études sur le hormone de croissance ou l’IGF-1 ne doivent pas être interprétées comme des preuves concernant le testostérone. Le MK-677 est un mimétique peptidique de la gréline et les études chez les personnes âgées montrent pourquoi les changements de masse corporelle sans graisse ou les signaux liés à l’IGF devraient rester séparés des affirmations concernant le système reproducteur. [4]

L’interprétation la plus logique des études concernant les peptides et le testostérone est donc spécifique et non catégorique.

C’est la molécule exacte, l’objectif biologique, la population, le temps d’exposition, le type de mesure du hormone, le point final clinique, le comparateur et les données de sécurité qui déterminent ce que l’on peut réellement conclure à partir de l’étude.

Le mécanisme, la réponse au laboratoire, l'avantage clinique, la fertilité, les fonctions sexuelles, l'aptitude physique et la sécurité sont liés entre eux, mais ne sont pas des résultats interchangeables.

Avis de non-responsabilité

Cet article a uniquement un caractère éducatif et scientifique. Il ne constitue pas de conseil médical, de diagnostic, de recommandations concernant le traitement du faible niveau de testostérone, de conseils concernant la fertilité, d’indications concernant les résultats sportifs, d’informations sur la prescription de médicaments, de recommandations concernant la posologie, d’instructions d’administration ni de recommandations concernant l’utilisation de tout peptide, composé affectant les hormones, substance expérimentale ou combinaison de tels produits.

Les résultats hormonaux décrits ci-dessus concernent des molécules spécifiques, des préparations, des populations, des conditions d’exposition, des mesures et des projets de recherche. Les réponses hormonales à court terme ne doivent pas automatiquement être interprétées comme des preuves d’un effet durable ; les variations du niveau de testostérone ou de gonadotrophines ne doivent pas être considérées comme une confirmation d’une amélioration de la fertilité, du libido, de la croissance musculaire, des performances sportives ou de l’état général de santé.

Les questions concernant un faible taux de testostérone, la santé reproductive, les fonctions sexuelles, la fertilité, les troubles endocriniens ou le traitement hormonal nécessitent une évaluation individuelle par un professionnel de la santé qualifié.

Références

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  2. MacLean, D. B., Matsui, H., Suri, A., Neuwirth, R., & Colombel, M. (2014). Une exposition prolongée à l’analogue de la Kisspeptine en cours d’étude, TAK-448, réduit la production de testostérone vers le niveau de castration chez les hommes en bonne santé et chez les patients atteints de cancer de la prostate : résultats issus de deux études de phase 1. Journal of clinical endocrinology and metabolism, 99(8), E1445–E1453. https://doi.org/10.1210/jc.2013-4236
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  4. Nass, R., Pezzoli, S. S., Oliveri, M. C., Patrie, J. T., Harrell, F. E., Clasey, J. L., Heymsfield, S. B., Bach, M. A., Vance, M. L., & Thorner, M. O. (2008). Effets d’un mimétique de la ghreline orale sur la composition corporelle et les résultats cliniques chez des adultes âgés en bonne santé : un essai randomisé. Annales de médecine interne, 149(9), 601–611. https://doi.org/10.7326/0003-4819-149-9-200811040-00003
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  7. Jayasena, C. N., Nijher, G. M., Chaudhri, O. B., Murphy, K. G., Ranger, A., Lim, A., Patel, D., Mehta, A., Todd, C., Ramachandran, R., Salem, V., Stamp, G. W., Donaldson, M., Ghatei, M. A., Bloom, S. R., et Dhillo, W. S. (2009). L’injection sous-cutanée de kisspeptine-54 stimule de manière aiguë la sécrétion de gonadotropine chez les femmes souffrant d’amenorrhée hypothalamique, mais une administration chronique entraîne une tachyphylaxie. Journal of clinical endocrinology and metabolism, 94(11), 4315–4323. https://doi.org/10.1210/jc.2009-0406
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